Argenté comme Clarey

Il n’était qu’un outsider. Mais Johan Clarey est devenu vice-champion du monde ce mercredi midi à Are en Suède. Le Français de 38 ans a sorti la course parfaite et a débloqué le compteur français de la meilleure des manières dans ces championnats du monde. Même si l’Italien Dominik Paris glane le titre, Johan Clarey reste le héros du jour en décrochant l’argent.


« J’ai du mal encore à savourer la chose ! » Il va bien le falloir. Jamais un français n’est devenu champion du monde de Super-G en ski alpin. Ca n’arrivera toujours pas cette année. Mais pour ne pas déplaire, c’est tout comme. Johan Clarey, 38 ans, le plus âgé des 10 premiers sur la ligne d’arrivée hier midi, a décroché une médaille d’argent qui vaut de l’or. Il signe la meilleure performance de sa carrière et lance l’équipe de France sur de bons rails dans ces championnats du monde en Suède. 

Il avait obtenu une seconde place à Kitzbühel en Autriche, sur la piste la plus prestigieuse du monde. Mais ce n’était qu’une petite bouchée du plat que nous offrait le natif d’Annecy. Arrivé en Suède ambitieux même si la plus grande partie de sa carrière est aujourd’hui derrière lui, Johan Clarey décrocha, dès sa première course, le métal argenté. Une course parfaite. A 38 ans, l’aîné de l’Equipe de France de ski alpin démontre sa persévérance malgré son manque de réussite sur les podiums en coupe du monde (18 top 5 et seulement 5 podiums en Coupe du Monde). Il en fallait pour aller décrocher la plus belle médaille de sa carrière. Une course exceptionnelle pour un skieur hors pair. Il devient le plus vieux médaillé de l’histoire des mondiaux : « J’ai tellement été déçu en me retrouvant régulièrement quatrième, j’ai cru une nouvelle fois que ça m’arriverait ! » déclarait le français. Une carrière faîte de hauts et de bas. De graves blessures, de la malchance, un grand nombre de quatrième place sur chacune de ses courses depuis le début de sa carrière. Cette fois, le skieur de Tignes a réussi à faire pencher la balance du bon côté : « Je n'ai pas eu une carrière facile, je me suis énormément blessé, je n'ai pas eu beaucoup de chance non plus. On n’était vraiment pas loin de la boîte à chaque fois. Ca nous manquait. Cette médaille lance de la meilleure des manières ces championnats du monde pour l’équipe, c’est super ! »

Pleine d’engagement, de vitesse, de relâchement du départ à l’arrivée : c’est comment l’on peut décrire la plus belle course de la carrière du nouveau vice-champion du monde de Super-G. Professionnel depuis 2003, il avait réalisé son meilleur résultat en 2011 aux championnats du monde à Garmish en Allemagne avec une huitième place sur la descente. Même s’il déclara dans la presse que le Super-G n’est pas sa course préférée, il vient décrocher en Suède une médaille d’argent sur cette course. Un métal argenté pour lancer une équipe de France en or, qui réalise un beau tir groupé, avec trois français dans les sept premiers (Adrien Theaux 5e et Brice Roger 7e). « Les mecs font une super course à côté. J’ai la chance d’être juste devant eux mais il y a encore la descente et je suis sûr qu’il y aura un autre français de retour avec une médaille. » On attend que ça, que cette équipe ramène le plus grand nombre de médailles.

Il va falloir maintenant profiter et se concentrer sur la suite pour le « papy » du ski français et toute sa troupe. « Ca va enlever pas mal de pression pour tout le monde, ça annonce de belles choses. » Poussé par son ami David Poisson, décédé il y a plus d’un an, Johan Clarey a volé sur une piste suédoise qui lui aurait valu l’or. "J'ai la sensation de ne pas skier tout seul, c'est mystique". Mystique dans une course mythique. Neuf centièmes : c’est ce qui a suffi à l’Italien Dominik Paris pour glaner le titre et reléguer le vieux briscard français sur la deuxième marche du podium, à égalité avec l’Autrichien Vincent Kriechmayr. Mais une médaille d’argent sur un tel évènement, on en redemande. « Honnêtement, il va me falloir du temps pour savourer » avouait le français après la course. Du temps oui, mais pas trop car la descente arrive à grands pas dès samedi. Revoir un tricolore sur le podium de ces championnats du monde avec une nouvelle breloque autour du cou serait un rêve éveillé pour la bande à Johan, le « papy » de l’équipe bleue, blanche et rouge.

 

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