Oui les coaches français sont nuls… et ce n’est pas prêt de changer

Depuis quelques années les équipes de ligue 1 font de plus en plus confiance à des coaches étrangers. Une situation qui ne plait pas aux entraîneurs français connus pour leur corporatisme.


Un formatage des esprits

Le bilan du football français n’est pas très bon avec seulement deux coupes d’Europe en plus d’une soixantaine d’années. Des nations mineures font mieux comme la Russie qui a remporté plusieurs fois l’Europa League. Certes, quelques performances parsemées suffisent à flatter notre orgueil démesuré par rapport à notre niveau.  

Contrairement à d’autres pays (l’Italie, l’Argentine, les Pays-Bas ou l’Argentine), la France ne possède pas d’écoles de pensées différentes a contrario de nos voisins. En Italie, des visions différentes existent : Arrigo Sacchi a révolutionné l’ère la plus victorieuse de l’AC Milan dans les années 90 en s’appuyant sur un jeu offensif, une défense de zone et un pressing haut. Marcelo Bielsa a repris cette enseignement à la lettre. Le football italien est en perpétuelle mutation de ses idées comme un football de possession et attrayant de Sarri à Naples pendant des années dans un championnat pourtant réputé fermé.

A l’instar de Sacchi, des coaches à l’étranger ne sont pas forcément des anciens joueurs. On peut citer la nouvelle vague Allemande : Thomas Tuchel et Julian Engelsmann qui ont en commun d’avoir eu une petite carrière professionnelle et d’avoir commencé une carrière d’entraineur jeune (une trentaine d’années).  Il n’y a pas cette scission dans les idées entre les générations en France. La vision est à peu près la même entre Laurey et Galtier, schématisée par le fameux « l’essentiel c’est les trois points » ou « on est bien en place ».  Les quelques rares entraîneurs promouvant une vision différente sont brocardés comme des rêveurs. Jean-Marc Furlan a été le symbole de cela avec la rhétorique du « tu joues, tu descends » mais quand on regarde bien, beaucoup d’équipes descendent sans jouer. Dans le système fédéral de la DTN, il est impossible ou très difficile de donner autant de chances aux théoriciens du jeu plutôt qu’aux anciens pros qui sont de leur point de vue les seuls à connaitre le terrain. Plus grave, les examens pratiques sont stéréotypés et les entraîneurs qui veulent sortir du cadre sont recalés sans ménagement. La créativité est sanctionnée. 

Les coaches étrangers qui volent le pain des français

Une propagande qui critique sans relâche les idées des entraîneurs étrangers, qui est répartie en deux camps : les médias et le syndicat des entraîneurs, l’Unecatef. Ce discours dominant voire hégémonique est incarné par un syndicaliste, Pierre Repellini. Il s’attaque depuis 2002 contre les clubs qui virent des entraîneurs mais depuis l’arrivée des coaches étrangers, ils sont sa nouvelle cible et celle de son syndicat. En témoigne la charge d’une violence inouïe relayée par Raymond Domenech contre Ricardo qui n’ avait pas les nouveaux diplômes alors que celui-ci a déjà officié en ligue 1. Ce syndicat au lieu de s’enrichir des nouvelles méthodes venues de l’étranger, y voit une concurrence insupportable. En concert avec la pensée dominante dans les médias, l’Unecatef critique les compétences de ceux-ci et le phénomène de mode. En bref, le pré est toujours plus vert ailleurs. Une prétention incroyable au vu des résultats décevants des clubs français. 

Les médias, pierre angulaire de l’arrogance du système français

La stratégie de diffamation constante des médias s’est acharnée sur deux grands entraîneurs principalement ces dernières années : Marcelo Bielsa et Unai Emery. Les médias dans leur extrême majorité déniaient à l' entraineur argentin son palmarès soi-disant vierge. Une affirmation totalement fausse car Bielsa a un palmarès qui ferait rougir plus d’un entraîneur français (triple champion d’Argentine, 1 finale de Copa Libertadores et de la ligue Europa, titre olympique). La seconde attaque concerne l’influence qu’il a auprès des plus grands entraîneurs. Malgré des louanges à longueur d’interview de Guardiola, Pochetino… notre intelligentsia médiatique continue avec effronterie à dire qu’il n’ y a pas de fidèles de sa philosophie. 

extrait de Team Duga

https://twitter.com/frdslb30/status/1092883365638914048

L’autre cible est Unai Emery que l’on a cessé de moquer sur son accent, sa passion et son énergie. Comble de la mauvaise foi, les médias disaient sur lui que ses titres en Ligue Europa ne valaient pas grand chose alors que ceux-ci n’avaient de mots assez élogieux pour la finale de l’OM du grand Rudy Garcia dans cette même compétition. Enfin, La comparaison avec Laurent Blanc, il est vrai grand ami d’une corporation entière, faisait passer son licenciement comme injuste. Sans oublier, les nombreuses interviews où Guy Roux,symbole de l'entraineur prof d'EPS franchouillard, jugeait de façon péremptoire la supériorité du coach français, qui au passage ne trouve pas de nouveau challenge contrairement à Emery. Sans doute un complot !

La thèse du complot des entraineurs français

Dernièrement les entraîneurs français sont repassés à l’offensive en se serrant les coudes contre le diktat des coaches étrangers soit disant fomenté par les médias. L’étendard de cette injustice est le pauvre Bruno Genesio qui serait, selon leurs dires, attaqué par les médias. Vendredi dernier, Rudy Garcia, zola des temps modernes, s’est livré à un réquisitoire contre les critiques à son endroit.           

« Si je peux me permettre de mettre une pierre dans votre jardin, vous n'avez pas toujours été tendres avec les entraîneurs français. C'est à vous de nous aider. Quand il y a de la qualité, il faut le reconnaître, cela permettra de mieux nous vendre à l'extérieur. Si, déjà, on n'est pas prophètes en son pays, c'est un peu compliqué. Et je ne parle de mon cas personnel, je pense à Bruno (Genesio) à Lyon, qui fait un travail formidable et c'est incroyable de voir qu'il peut être sur la sellette. »  

  Je crois qu’il ne lit pas beaucoup les articles de l’Equipe ou n’écoute pas la défense systématique des consultants Tv ou radio. 

Garcia a dans cette même conférence de presse tenu à soutenir Claude Puel qui a été viré par Leicester. Un prétexte pour livrer son réel message, à savoir le besoin de plus de lobbying et de corporatisme.  

 « J'ai toujours été quelqu'un qui défend la corporation, car on fait un métier difficile, et je ne vois pas pourquoi les entraîneurs français seraient moins bons que les autres…Il y a aussi notre syndicat (l'UNECATEF), qui essaie de nous faire reconnaître, au maximum. Il y a un lobbying qui est plus efficace dans d'autres pays et sur d'autres nationalités, et bien entendu, il y a du talent partout. On devrait être un peu plus cocorico, pour reconnaître que la formation des entraîneurs à la française, elle est bonne. Il y en a des bons, des entraîneurs, il faut les soutenir. » Il a vraiment de quoi s’étouffer.

Loin de vouloir s’améliorer en prenant de nouvelles idées amenées de l’étranger, le système français s’enlise dans le gauloisisme éculé pour mieux se protéger. Un espoir dans la nuit, Antoine Kombouaré, qui a demi-mots, a souhaité que les entraîneurs français fassent des efforts pour s’ouvrir au monde riche du football. Un gage de réussite quand on voit que Zidane et Deschamps se sont ouverts au monde (culture italienne) et ont eu des résultats. En définitive, ils ne sont pas vraiment français surtout dans le cas de Zidane qui a pris le temps d’apprendre des meilleurs (Ancelotti au Real Madrid).  

  

 

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