L’OL n’évolue plus

Quand on évoque l’OL ces derniers temps on pense Bruno Genesio. Des années durant, Jean Michel Aulas a toujours été au cœur de l’attention. Son OL rayonnait en Europe, il survolait son championnat, et le Boss lui excellait dans la comm.


Aujourd’hui l’homme fort de l’OL est critiqué, comme avant par ses adversaires, mais également par une partie de son propre public, et pour cause.
Là où le Président était adulé pour son projet de développement du club et une communication qui permettait de « protéger » l’équipe et son coach une fracture semble avoir eu lieu.
Sa politique sportive semble bancale et sa stratégie de communication agressive tantôt visant à insulter les fans du club sur Twitter, tantôt les journalistes, sans oublier de mettre régulièrement son entraîneur en difficultés, laisse les observateurs dubitatifs.

La question est : est-ce que l’OL va dans le bon sens ?

Hubert décommandé

Tout commence en Décembre 2015, ou plutôt tout se termine.
L’appréciation est difficile si l’on parle du match, car il n’y a rien, absolument rien.
Gerland, 5 Décembre 2015, date Historique pour un OL qui fait ses adieux à son stade de toujours.
L’OL reçoit toutes ses anciennes gloires, pour ce qui se veut être une fête commémorative et une vraie communion avec le public ; et accessoirement le SCO d’Angers pour le compte de la 17e journée de Ligue 1.

Les supporters d’un club lyonnais dans une mauvaise passe s’attendaient certainement à vivre plus de choses dans les tribunes où les avaient rejoint Sonny Anderson, Sidney Govou et Juninho que sur le terrain, mais pas une prestation aussi affligeante qu’une vidéo de Patrice Evra.

Alors que l’équipe semblait être en désaccord avec son coach depuis plusieurs semaines, ce match désolant aux allures de franche mutinerie se solde par une défaite 0-2 pour les « marcheurs blancs » olympiens qui ne se seront pas fatigués à feindre la moindre implication.
(Je n’irai pas jusqu’à dire que le match a été acheté même si les 2 buts sont signés Cheikh).

Une attitude qui n’aura pas manqué de faire réagir le public par des sifflets dès la première mi-temps, public pourtant occupé à fêter l’événement comme il se doit, stade comble et tribunes à l’unisson.
Les zombies n’auront tiré qu’une fois en direction du cadre, en vain, laissant volontiers les 3 pts au promu angevin.

Ce spectacle finalement d’une perfection redoutable dans son style négationniste si on réfléchit (après tout l’Art est en toute chose), aurait fait passer le message au Président même s’il avait été borné, (ce qui comme chacun le sait n’est pas du tout le cas de quelqu’un d’autre que Jean Michel Aulas).

Pour enfoncer le clou, les Gones vont être prodigieux sur l’île de beauté, face à un autre promu du championnat de Ligue 2.
19e journée de Ligue 1, après une défaite 5-1 au Parc des Princes lors de la journée précédente, ça se corse face au Gazélec d’Ajaccio, nom qui rappelle un certain animal dont le capitaine Gonalons dans un élan (ou plutôt une gazelle) artistique propose une imitation en état d’ébriété.
Le coach Hubert se sent pousser des cornes.
Alors que le vis-à-vis du capitaine laissé libre vient de convertir l’occasion en but de la victoire, on lit sur le visage d’Anthony Lopes toute l’estime qu’il voue à ses coéquipiers, qui ont ressemblé toute la partie à des accompagnateurs de l’adversaire plutôt qu’à de véritables défenseurs.
(la même détermination à fournir l’effort que ton pote qui te dit qu’il t’aurait bien aidé à déménager mais qu’il a eu un vaccin y'a 5 jours).

Le coach Hubert sera limogé quelques jours plus tard.
Avec une série de 5 défaites et un nul sur les 6 derniers matchs, le bilan de cette demi-saison en championnat est donc le suivant : 7 victoires, 5 nuls, 7 défaites.

Certains trouveront le limogeage logique d’un point de vue comptable, et pourquoi pas.

Le témoin du mal

Le fait est que le contexte d’intronisation de Bruno Genesio est le suivant :
- Une équipe qui jouait très bien décide de faire la Révolution contre son coach
- Le président accorde aux joueurs un changement de coach
- Le président place l’adjoint de ce même coach comme numéro 1 intérimaire, tout en annonçant l’arrivée prochaine d’un grand coach à la hauteur du statut de l’OL, ainsi que d’un Directeur Sportif pour faciliter le développement du club dans sa politique sportive

Les supporters, qui viennent d’assister à une certaine forme de provocation de la part des joueurs pendant de longs matchs insipides, vont naturellement être attentifs à l’évolution de la situation et des promesses du dirigeant.

N’oublions pas non plus que Fournier, nommé entraineur à l’Eté 2014, a conduit le club à sa meilleure saison depuis 2010, d’un point de vue comptable, de jeu et d’émotions. Le supporter a repris plaisir à venir au stade, les grandes prestations s’étant enchaînées sur la saison 2014/2015.

Ligue 1 2014/2015 : 22 Victoires – 9 Nuls -7 Défaites, 2e avec 75 pts (PSG 83pts)

L'ère Genesio

Voilà l’adjoint en pole position donc, soutenu par les joueurs, lui, (qui hésitent à le tutoyer dixit Maxime Gonalons).

Comme par enchantement en 10 jours de prise en main l'équipe de Genesio parvient à rejouer au foot avec envie (et efficacité).
Enchainant tout de suite les bons résultats et terminant avec un bilan sur la demi-saison qui correspond en terme de statistiques à ce qu'obtenait Fournier 1 ans plus tôt, à ceci près que la beauté du jeu est moins au rendez-vous.

Ligue 1 2015/2016 : 19 Victoires – 8 Nuls – 11 Défaites, 2e avec 65 pts (PSG 96 pts)


Fort d’une deuxième place au classement (à la même place qu’en fin de saison passée donc), Genesio est prolongé, maintenu au poste d’entraîneur numéro 1 de l’OL.
Les promesses du président ne sont pas plus tenues concernant l’arrivée imminente d’un Directeur Sportif toujours attendu 2 ans et demi plus tard.

Saison 2016/2017 Genesio prolongé, installé à la place d'un entraîneur renommé qui n’arrivera jamais, obtient le plus grand total de défaites de l'OL au 21e siècle en championnat.
En seconde partie de saison il cumulera 7 défaites, c'est à dire le même nombre qu'une équipe de Fournier qui se mutine dans la demi-saison qui lui est fatale.

Ligue 1 2016/2017 : 21 Victoires – 4 Nuls – 13 Défaites, 4e avec 67 pts (Monaco 96pts, PSG 87 pts, Nice 78 pts)

A peine mieux que l'an passé (avec une demi-saison dénoncée donc sous Fournier), 67 pts au lieu de 65 pts, avec 38 journées assurées par Genesio cette fois-ci, dans un championnat qui a énormément perdu en compétitivité, en témoignent les totaux de points record de Monaco et Paris.
Même Nice se permet de devancer l'OL de 11 points! (S'il fallait douter de la possibilité de faire mieux).
Impossible de se réfugier derrière le gaz ou le pétrole niçois a priori.

En toute illogique, Genesio est donc maintenu par un président qui se voulait sévère auparavant.
Saison 2017/2018, il y aura du mieux sur le plan comptable mais toujours pas de 2e place. L'OL atteindra le total de Nice de la saison précédente, dans une L1 toujours plus faible et limitera son nombre de défaites à 6 + 9 nuls, pour 23 victoires.

Ligue 1 2017/2018 : 23 Victoires – 9 Nuls – 6 Défaites, 3e avec 78 pts (PSG 93 pts, Monaco 80 pts)

Le jeu en revanche ne progresse pas, c'est bien ce qui est reproché à l'OL et son coach, qui ne cesse de se plaindre des mêmes dysfonctionnements match après match sans sembler parvenir à modifier ni influer sur le comportement de ses joueurs. Ceux-ci se motivant systématiquement pour les grands matchs, où ils ne passent pratiquement jamais à côté.

En fin de saison JMA maintient de nouveau Genesio.

Un Président bipolaire :

D'ultimatum en ultimatum le coach s'accroche, d'abord après Limassol en Septembre 2017, avant le match au Vélodrome en Mars 2018, ou fraichement en Septembre 2018 avant le déplacement à City et la réception de l'OM.

Saison 2018/2019, l'OL affiche pour le moment le bilan suivant :
8 Victoires -  4 Nuls – 4 Défaites

Ce qui s'apparente aux statistiques de l'équipe sous les ordres d'Hubert Fournier peu avant son éviction, en 2015.

Le jeu laisse toujours à désirer quoi qu'en dise JMA, qui vient encore hier dans les médias (Breaking Sport) de répéter combien le jeu de l'OL est formidable.
Pas sûr que la lecture soit donc la même qu'à l’époque.

Alors est-ce la capacité d'analyse du Président qui a changée ?
Est-ce un jeu de dupe qui consiste à protéger le coach officiellement (tout en étant capable de lui couper la tête comme avec Hubert).
Ou bien l'OL a-t-il tout simplement perdu son ambition et se contente de figurer dans les places européennes qui rapportent de l'argent au club ?

La dernière hypothèse ayant été abordée publiquement par le Capitaine d'alors Maxime Gonalons en Mai 2016, réclamant précisément "le retour de l'ambition dans son club", ne semble donc pas totalement folle.

Cela dit cette sortie aura valu à notre gazelle d'un jour de perdre la tête pour toujours (du moins à Lyon), taillée à la tronçonneuse en Conférence de presse par un JMA excédé, surjouant son rôle de boss pour nous servir une interprétation entre un Calimero énervé et un caïd boudeur.

On attendait la sentence concrète pour le criminel capitaine rebelle. Il finira vendu à la Roma dans la foulée.
Pour JMA, que le capitaine au nom de l'équipe exige le limogeage de son coach passe encore, mais qu'il mette le doigt sur ce que le président se tue à dissimuler, voilà trop.

Enjeu majeur ?

Demain l'OL jouera un match clé pour sa saison, une qualification en 1/8 de finale de Champions League (grande première depuis le fiasco de Nicosie en 2012), ou bien être reversé en 1/16 de finale d'Europa League.
Les lyonnais n'ont besoin que d'un nul face au Chakhtar Donetsk pour continuer leur route en Champions League.

A voir la réaction du Boss en cas de mésaventure.

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