La VAR : des débuts pas idylliques

L’assistance vidéo à l’arbitrage divise de plus en plus. Chaque semaine, la VAR fait couler beaucoup d’encres avec des polémiques hebdomadaires.


La VAR : un espoir déçu ?

Chaque jour qui passe la VAR est de plus en plus critiquée. La ligue avait décidé en début d’année de sauter le pas et d’utiliser la vidéo. Un choix facile pour la ligue étant donné que tous les acteurs ou presque étaient favorables. En effet, comment leur en vouloir car quels joueurs ou entraîneurs n’ont jamais été frustré par une mauvaise décision arbitrale. Mais avec le recul, la VAR ne résout pas l’injustice d’une décision car l’interprétation reste à la discrétion de l’arbitre. D’ailleurs, au départ la vidéo n’ est pas là pour gommer toutes les fautes d’arbitrages mais uniquement les plus graves. Par exemple, la grosse faute de Mascherano lors de la remontada ou la clef de bras de Ramos sur Salah en final de la ligue des champions.

Un espoir de la promotion de la vidéo n’est pas seulement d’aider l’arbitre mais aussi de mettre une pression sur l’arbitre pour l’éviter d’avantager une équipe plus forte. Or, force est de constater que l’arbitre fait ce qu’il veut car il n’est pas obligé de consulter la vidéo avec notamment l’exemple du pénalty fictif provoqué par Suarez. Cela donne l’impression que la vidéo est encore au service des mêmes, à tort ou à raison. De plus, l’arbitre se délaisse de son devoir d’interpréter car il fait confiance comme un robot à la technologie. Aussi, le règlement est manipulé pour détruire l’interprétation avec notamment le changement de la règle de la main qui doit maintenant être sanctionnée systématiquement sans analyser la situation. Avec la mutation de la règle, combien de penaltys vont être sifflés par match ? Ce n’est pas rendre service à l’arbitre qui sera critiqué s’il siffle une main et pas une autre, comme hier lors de la demi-finale de coupe de France entre Paris et Nantes. Son honnêteté est même remise en cause. Michel Platini, toujours visionnaire voyait en la VAR un danger pour le football qui d’une part détruirait l’idéal d’un jeu à visage humain et d’autre part provoquerait plus de questions qu’ elle n’ en résolvent.

Une autre critique qui revient autant en France qu’à l’étranger est l’utilisation de la VAR sur une longue action. Ainsi, une faute à 80 m du but peut invalider un but, dont des cas ubuesques. Strasbourg récemment menait 3-0 mais ce but a été annulé et finalement les strasbourgeois ont concédé le match nul (2-2) après une faute très loin du but. Une utilisation de la vidéo délirante sachant le règlement sur l’avantage qui ne revient pas en arrière car l’avantage profite ou non. En aucun cas, on ne revient sur une faute même dans une zone dangereuse si l’arbitre décide de laisser jouer l’action. En Italie et en Allemagne, ces renversements de scores sont monnaie- courantes, exacerbant la colère des joueurs. Plus grave, La ligue allemande a viré le responsable des arbitres vidéos qui sous la pression devaient dans un premier temps utiliser plus fréquemment la VAR comme un nouveau jouet qu’il faut montrer. Ils ont donc obéi aux consignes mais en voulant l’utiliser à tort et à travers, des erreurs ont été commise. La Bundesliga évidemment s’est défaussée sur le bouc-émissaires qu’est le responsable de l’arbitrage vidéo.

Un front varo-sceptique s’organise

Depuis quelques temps entraineurs, présidents ou joueurs s’en sont pris à la VAR. Après le match contre Montpellier, Bruno Genesio, déjà sonné par le pénalty de Suarez contre Barcelone, a attaqué la Vidéo qui selon lui n’apporte rien, bien au contraire. En effet, jusque-là l’erreur d’arbitrage faisant partie du jeu, et bon gré, mal gré les acteurs l’acceptaient. Mais la Vidéo a été vendu comme le rempart contre toute injustice. Mais puisque la VAR ne respecte pas cette promesse autant revenir en arrière. 

De plus, la Vidéo casse l’instantané de la joie du buteur cher aux joueurs. Preuve qu’au nom de la fin de l’injustice, les acteurs du football font un effort pour un résultat plus que décevant. En Italie, Simone Inzaghi, entraineur de la Lazio de Rome, a fait une sortie au lance-flammes contre la VAR qui va contre l’esprit du foot. « Mon jugement est totalement négatif parce que cela enlève les émotions du foot, à nous et aux tifosi. Après un but, on ne s'embrasse plus, on regarde l'arbitre. Cela m'enlève l'adrénaline et le goût du foot. » La lenteur de la décision est pointée du doigt. Encore hier, le match Parme-Frosinone a été arrêté dix minutes pour décider d’un hors-jeu, amenant un temps additionnel de 15 minutes. 

Certains coachs de ligue 1 ont critiqué la VAR en s’attaquant à l’homme plutôt qu'au système. Par exemple Fabien Marcadal disait après le match contre l’OM lors de la neuvième journée « J’ai un énorme respect pour le corps arbitral, je le dis avant d’être taxé de Calimero, mais il n’a pas été équitable sur le visionnage de la VAR, et ce n’est pas la première fois. J’aurais aimé que l’arbitre prenne une décision en consultant la vidéo, et je suis pour la VAR. » 

Lors de la 16ème journée, les dirigeants stéphanois ont dénoncé le flou des décisions de la Var « Les conditions du recours à la VAR doivent être encore clarifiées afin de rendre équitable l’usage de la vidéo entre toutes les équipes et de préserver l’équité des compétitions ». 

https://twitter.com/ASSEofficiel/status/1070716830820392963?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1070716830820392963&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.sofoot.com%2Ftop-10-var-polemiques-465526.html

Bruno Genesio contre Reims critiquait le manque d’uniformisation des décisions de la VAR qui restent soumises à une interprétation « C’est toujours l'interprétation de l'homme finalement. (...) Rien que ce week-end, il y a trois erreurs. Enfin pas trois erreurs, trois interprétations différentes qui font prendre trois décisions différentes. Il faut qu'à un moment donné, les décisions soient uniformisées. » Un autre cas, L’arbitre reste sur sa décision malgré une preuve irréfutable. Il s’agit du tacle très dangereux de Mbaye Niang et de Nabil Fekir, peut-être pour ne pas tuer le match avec un rouge.  

La critique de la VAR montre des cas différents et que les premières illusions bien naïves de la fin de l’injustice sont loin d’être à l’ordre du jour. 

 

https://twitter.com/jplusun/status/1089662455511502848

Les premiers pas de la Vidéo dans le monde du football sont pour le moins hésitant et la question du retour à un football humain se pose. Mais chacun sait sans doute que le Rubicon a été franchi et que revenir sur la technologie sera très difficile. Il faut donc faire le deuil du football que nous avons toujours connu. Mais peut-être que je suis le dernier des mohicans (du siècle dernier) qui rejette le foot sous le prisme de FIFA (le jeu vidéo), des statistiques personnelles individualistes (le spectacle pathétique du ballon d’or), de la coupe du monde (à 48) et de l’euro ouverts à tous au prix du niveau de jeu. 

Comments 0

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Se connecter

Pas encore inscrit ?
S'inscrire

Réinitialiser le mot de passe

Retour à
Se connecter

S'inscrire

Retour à
Se connecter
Format de votre post
Article
Video
Audio