Equipe de France : le spectre d’un Zidane sélectionneur, un poids ?

Ce jeudi, la démission de Zinédine Zidane de son poste d'entraîneur du Real Madrid a fait l'effet d'une bombe dans le monde du football. Mais à peine le temps de se remémorer ses exploits à la tête des Merengue que de nombreuses interrogations fleurissent déjà. Quel avenir pour l'illustre meneur de jeu des Bleus ? S'il a déclaré ne pas chercher d'équipe à entraîner pour le moment, les spéculations vont bon train concernant son futur poste, notamment un potentiel rôle de sélectionneur de l'Equipe de France.


Une suite logique dans l’imaginaire populaire

« Zidane président ». Le 12 juillet 1998, l’Arc de Triomphe est paré de ces deux mots qui résonnent encore dans l’esprit des personnes présentes sur les Champs-Élysées ce soir-là. Après son doublé en finale offrant à la France sa première Coupe du Monde, le natif de Marseille rentre définitivement dans le coeur des français. Pour ne plus jamais en sortir.

Jouissant d’une aura flirtant parfois avec la divinité, Zinédine Zidane est reconnu et aimé par tous. Vainqueur, entre autres, de l’Euro 2000 avec la France et de la Ligue des Champions avec le Real Madrid en 2002, « Zizou » a inscrit son nom dans l’histoire des Bleus et des Merengue ainsi que dans le cœur des supporters.

En 2014, après avoir mené le jeu sur le rectangle vert, ZZ se lance le défi de mener ses hommes depuis le banc de touche. Nommé coach de l’équipe première du Real Madrid en janvier 2016, le succès ne se fit pas attendre : après une carrière de joueur jonchée de succès en club comme en sélection, Zidane a aujourd’hui un palmarès d’entraîneur à faire pâlir bon nombre de ses confrères. Avec une Supercoupe d’Espagne, deux Supercoupes de l’UEFA, deux Coupes du Monde des clubs, une Liga mais aussi et surtout trois Ligues des Champions gagnées en deux ans et demi sur le banc madrilène, sa carrière de coach semble être dans la continuité de son glorieux passé sur les terrains.

Les doutes quant à sa capacité à gérer et à organiser tactiquement un groupe de renom se sont rapidement dissipés, et Zidane est aujourd’hui unanimement désigné comme étant l’un des meilleurs entraîneurs d’Europe. De plus, l’opinion populaire à son égard ne cesse de croître, allant de paire avec ses succès sportifs, et les supporters madrilènes l’idôlatrent plus que jamais. Cette popularité dépasse largement les frontières de la capitale espagnole, et certains observateurs le voient déjà prendre les rênes des Bleus à l’issue de la Coupe du Monde. S’il a brillé sur le banc du club de sa vie, qu’est-ce qui empêcherait son succès avec la nation qu’il a sublimé ?

Après son départ du Real Madrid, la suite de la carrière d’entraîneur de Zidane semble être écrite comme une prophétie qui le mène à la tête de l’Equipe de France.

Deschamps : une résistance à la pression

Mais aujourd’hui, la place de sélectionneur est déjà prise par un homme que Zidane ne connaît que trop bien. Capitaine de l’Equipe de France en 1998, Didier Deschamps transmet désormais sa culture de la victoire depuis le banc de touche. Et lorsqu’on lui demande s’il ressent de la pression à l’idée de peut être voir son ancien coéquipier le remplacer, « La Desch » nie toute forme de préoccupation : « Une pression supplémentaire ? Je ne sais pas. Pour avoir quelque chose de supplémentaire, il faudrait que quelque chose existe à la base. [...] Toute mon énergie est focalisée sur l’événement qui nous attend. Il y aura un après Coupe du Monde, certainement. Mais je ne me pose pas la question. Je reste concentré et focalisé sur ce qui nous attend avec ce groupe de joueurs. »

Il faut dire que l’ancien milieu de terrain a traversé vents et marées à la tête des Bleus, sans pour autant que le bateau ne chavire. En succédant à Laurent Blanc en 2012 après la fracture de Knysna en 2010, Didier Deschamps récupère un groupe décrié par l’opinion publique et fragilisé par les échecs successifs de l’Euro 2008, la Coupe du Monde 2010 et, dans une moindre mesure, de l’Euro 2012. Pourtant, il parvient à surmonter la pression de ce poste pour reconstruire une équipe et l’emmener en quart de finale de la Coupe du Monde 2014 et surtout en finale de l’Euro 2016. Mais plus que dans l’aspect sportif, le principal succès de Didier Deschamps tient avant tout dans la réconciliation des Bleus avec le peuple français.

Pourtant, cette réconciliation sera altérée par un débat qui divise le football français et qui n’est pas avare de pression envers Deschamps : le cas Benzema. Suspendu de toute sélection en Equipe de France depuis décembre 2015 à cause de l’affaire de la sextape, Deschamps n’a jamais fait de nouveau appel à l’attaquant madrilène qui a pourtant obtenu gain de cause devant les tribunaux en juillet 2017. Si, selon le principal intéressé, Didier Deschamps « a cédé sous la pression d’une partie raciste de la France », ce dernier essuie pourtant toutes les critiques à ce sujet depuis deux ans, fidèle à sa ligne de conduite et à ses choix.

C’est ici le principal point de divergence entre Zidane et Deschamps : au Real Madrid, Benzema était un des hommes de confiance de « Zizou », ce qui laisserait présager son éventuel retour en Bleu dans le cas d’une nomination de Zidane au poste de sélectionneur. Cette affaire a contribué à la dégradation de l’image de l’actuel sélectionneur auprès d’une partie de l’opinion publique, qui n’hésite pas à réclamer son licenciement au profit de l’ancien numéro 10.

Cependant, Deschamps peut compter sur le soutien de son président Noël Le Graët : « Il faut toujours des circonstances, on ne devient pas entraîneur comme ça. Le problème ne se pose pas actuellement. L’option Didier Deschamps est sérieuse jusqu’à 2020 et au-delà. [...] Mais si vous voulez créer un débat Didier-Zizou, ce n’est pas sérieux ».

Bien qu’une contre-performance en Russie amènerait certainement le président de la FFF à revenir sur ses mots, tout est mis en place pour atténuer les perturbations engrangées par cette situation.

Les récents succès de Zidane accompagnés d’une belle saison de Benzema ont sans aucun doute apporté leur lot de pression sur les épaules de Deschamps. Mais comme ils nous l’a si bien démontré par le passé, c’est dans ces moments délicats et importants qu’il sait fédérer autour d’un objectif commun. Malgré le possible poids que peuvent représenter ces circonstances, Deschamps parviendra-t-il a soulever de nouveau la Coupe du Monde, cette fois dans le costume d’entraîneur ? Réponse dans les semaines à venir.

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